Près de dix mois après le déclenchement du mégafeu des Corbières, l’enquête judiciaire connaît une avancée majeure. Selon les informations de Midi Libre, un agent de l’Office national des forêts (ONF) de l’Aude a été mis en examen ce jeudi 4 juin en fin d’après-midi. L’homme est poursuivi pour destruction involontaire par incendie ayant entraîné la mort, dans le cadre de l’enquête sur l’incendie qui a marqué l’été 2025 dans l’Aude.
Une enquête centrée sur l’origine du départ de feu
Le mis en cause, âgé d’une quarantaine d’années, avait été interpellé mardi matin avec deux autres agents de l’ONF par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier. Les trois hommes avaient été placés en garde à vue dans le cadre des investigations menées sur les circonstances du départ de feu survenu dans le massif des Corbières.
Selon les éléments de l’enquête rapportés par Midi Libre, l’agent est soupçonné d’avoir jeté un mégot de cigarette dans une zone forestière le 4 août 2025. Les enquêteurs estiment que ce geste pourrait être à l’origine de l’incendie qui s’est ensuite propagé de manière fulgurante sous l’effet du vent et des conditions météorologiques particulièrement favorables à la combustion.
L’intéressé conteste toutefois formellement les faits qui lui sont reprochés. Sa mise en examen permet désormais aux magistrats instructeurs de poursuivre les investigations afin d’établir les responsabilités éventuelles dans ce dossier particulièrement sensible.
Un incendie aux conséquences dramatiques
Le feu des Corbières reste l’un des incendies les plus marquants de l’histoire récente de l’Aude. Pendant plusieurs jours, les flammes ont mobilisé d’importants moyens de lutte, avec le renfort de sapeurs-pompiers venus de nombreux départements français.
Au total, plus de 11 000 hectares ont été détruits. Le sinistre a également ravagé une soixantaine d’habitations et profondément marqué plusieurs communes du territoire.
Le bilan humain est particulièrement lourd. Une femme d’une soixantaine d’années a perdu la vie à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, piégée dans sa maison lors de la progression de l’incendie. C’est notamment en raison de ce décès que la qualification pénale retenue vise une destruction involontaire ayant entraîné la mort.
Le juge d’instruction demandait son incarcération
À l’issue de sa garde à vue, le parquet de Montpellier a requis un placement sous contrôle judiciaire. Le juge d’instruction chargé du dossier a, quant à lui, demandé l’incarcération du suspect.
Selon les informations révélées par Midi Libre, cette demande visait notamment à prévenir d’éventuelles représailles à l’encontre du mis en examen ainsi qu’à limiter les risques de concertation dans le cadre de la poursuite de l’enquête.
La décision finale est revenue au juge des libertés et de la détention (JLD), qui a finalement ordonné une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Parmi les obligations imposées figure une interdiction de paraître dans les communes concernées par le passage de l’incendie.
Par ailleurs, les deux autres agents de l’ONF interpellés dans cette affaire ont été remis en liberté jeudi matin sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux à ce stade de la procédure.
