Prévenir et lutter contre les incendies de forêt

En période estivale, le risque d’incendie augmente pour les 17 millions d’hectares de la forêt française. Toutes les régions ne présentent cependant pas la même sensibilité : le climat chaud et sec des régions méditerranéenne, corse et landaise en font des zones plus sujettes aux feux. Au niveau national et sur la dernière décennie, on dénombre en moyenne, chaque année, un peu moins de 4 000 feux de forêt pour une superficie de 10 000 ha environ. Les variations inter-annuelles restent cependant fortes.

Qu’est ce qu’un incendie de forêt ?

On parle d’incendie de forêt lorsque le feu couvre une surface minimale de 0,5 hectare d’un seul tenant et qu’une partie au moins des étages arbustifs et/ou arborés est détruite. Le terme incendie vaut aussi pour les formations subforestières de plus petites tailles que sont le maquis, la garrigue et les landes. En France, 80% des feux de forêts en moyenne surviennent dans le bassin méditerranéen et le massif landais. Les feux de forêt peuvent avoir une origine naturelle ou humaine. Dans le cas de la responsabilité humaine, la cause peut être intentionnelle, involontaire ou liée aux infrastructures.

Protéger la forêt : le rôle de la défense des forêts contre l’incendie (DFCI)

La lutte contre les incendies de forêt commence très en amont des départs de feux par une politique volontariste de prévention du risque.

Ainsi, les services du MAA contribuent financièrement à :

  • entretenir et développer les équipements de défense des forêts contre les incendies (DFCI) des massifs forestiers (en particulier points d’eau, tours de guet, coupures de combustible, pistes de DFCI),
  • participer au diagnostic du danger de feu lié à l’état de dessèchement du couvert végétal,
  • assurer des patrouilles de surveillance et de première intervention, grâce notamment à la mobilisation de près d’un millier de forestiers spécialisés des services déconcentrés de l’Etat (DDT(M), de l’Office national des forêts (ONF) et en partenariat avec les forestiers sapeurs de certains conseils départementaux),
  • veiller, en lien avec les maires, au respect des mesures de débroussaillement obligatoire autour des habitations et en bordure de certaines infrastructures.

En outre, la constitution d’équipes pluridisciplinaires de recherche des causes de feu associant pour chaque département méditerranéen un sapeur-pompier (SDIS), un forestier (ONF), et un officier de police judiciaire (services de police et de gendarmerie) permet de consolider les actions de réduction des mises à feux d’origine anthropique. Grâce à cette pratique, le nombre d’incendies de forêt a pu être réduit de plus 20% depuis 2003 dans la zone méditerranéenne.

Dans le Massif des Landes de Gascogne (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Dordogne) les propriétaires forestiers se sont organisés pour la DFCI et participent directement à son financement, par une taxe à l’hectare, versée aux associations syndicales autorisées (ASA) de DFCI. Ces structures sont financées, gérées et animées par les propriétaires forestiers eux-mêmes.

Au total, 218 ASA, regroupant 55 000 propriétaires forestiers, quadrillent les 1,25 million d’hectares du massif forestier landais.

Chaque ASA contribue à aménager et à gérer des équipements suivant un carroyage systématique avec des pistes (44 500 km) et leurs fossés (17 000 km), des points d’eau (9 500), des passages à gué, des petits ponts et passages busés (55 000)… L’ensemble est cartographié ou géo-localisé ce qui permet aux pompiers d’intervenir rapidement en tout point : la prévention est la base de l’efficacité des moyens de lutte.

Un travail permanent…

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation confie à l’Office National des Forêts (ONF) une mission d’intérêt général (MIG) de DFCI. Toute l’année, le service de DFCI de l’ONF, cherche à limiter les risques d’incendie. En effet, dans toutes ses actions de gestion durable des forêts publiques, l’ONF intègre la protection des forêts contre les risques incendie. Cet enjeu passe par des mesures spécifiques de sylviculture et d’équipement intégrés aux documents d’aménagement forestier et par la réalisation de travaux de protection des forêts exposées à ce risque.

Le service ONF de la DFCI est actif en permanence pour prévenir et lutter contre les risques d’incendie. Des équipes d’ouvriers sont chargées, toute l’année, de l’entretien des pistes, des points d’eau et des balisages. En période de risques, des patrouilles de surveillance doivent détecter les départs d’incendie, donner l’alerte, faire les premières interventions sur feux naissants et orienter les secours. Ils ont aussi un rôle d’information et de sensibilisation auprès du public. En situation de crise, lors des feux de forêt, l’ONF est présent sur les lieux et apporte son concours au commandant des opérations de secours (COS). Après incendie, elle apporte son expertise : appui juridique aux services de l’Etat, travaux d’urgence pour limiter les risques, expertise et études de reconstitutions écologiques et participation aux retours d’expérience.

Sur le pourtour méditerranéen, la délégation à la protection de la forêt méditerranéenne (DPFM) assure notamment un rôle de coordination des actions de prévention pour les 15 départements de la zone de défense sud. Enfin, certains conseils départementaux ont mis en place des équipes de forestiers sapeurs pour mener des actions de prévention et d’intervention sur feux naissants.

… et des obligations

La majorité des départs de feux est d’origine anthropique et ils démarrent le plus souvent le long de voies de communication ou depuis des constructions. En diminuant la biomasse combustible à proximité des habitations et des voiries dans les zones particulièrement exposées au risque incendie, l’intensité du feu est moindre, ce qui facilite l’intervention des services de secours.

Ainsi, les obligations légales de débroussaillement (OLD) en protégeant la forêt, protègent aussi les biens et les personnes. Les OLD contribuent activement à la politique de prévention des incendies en favorisant la politique d’extinction des feux naissants.

Le respect des obligations légales de débroussaillement (OLD) revêt un caractère prioritaire.

Coopératives et opérateurs forestiers privés : une gestion vertueuse

En forêt privée, certaines coopératives forestières travaillent avec les services de DFCI pour créer des pistes forestières, qui servent mutuellement à la lutte incendie et à la gestion des forêts. De plus, les propriétaires forestiers participent à la lutte contre l’incendie de forêt tout en valorisant leur propriété. Comme le rappelle le récent Programme national de la forêt et du bois : « Le développement d’une gestion préventive répondra simultanément à la gestion du risque incendie et à la mobilisation de plus de bois ». En gérant activement leur forêt à travers un document de gestion, ces propriétaires récoltent et valorisent le bois pour la production d’énergie, mettent en valeur les bois d’œuvre de leur forêt, et opèrent en même temps le dégagement du sous bois, diminuant ainsi considérablement le risque de propagation des incendies.

Consulter le dossier de l’Irstea : Incendies de forêt : la recherche sous le feu de l’action !

Halte au feu ! Du bon sens et des bons gestes

Si la défense des forêts contre les incendies protège les forêts et limite les risques d’incendie, la prudence et le comportement citoyen responsable de chacun reste la clef de la préservation de notre patrimoine forestier.

Ainsi, en forêt :

  • Ne pas allumer de feu ou de barbecue,
  • Ne pas jeter de cigarettes,
  • Laisser les routes forestières accessibles pour les secours,
  • Camper uniquement dans les lieux autorisés,
  • Respecter les interdictions d’accès en période à haut risque.

Dans une situation d’incendie, certains gestes peuvent sauver la vie. Le plus important est de garder son calme. Il convient de :

  •  Prévenir les pompiers en appelant le 18,
  •  S’éloigner dans le sens contraire du déplacement du feu,
  •  Respirer à travers un linge humide pour limiter les effets néfastes des fumées toxiques.
PRÉVENTION INCENDIES 2017