Prévention

Réglementation

Feu, barbecue, brûlage : ce que dit vraiment la loi

Entre le Code forestier, le Code de l’environnement et les arrêtés préfectoraux, difficile de savoir ce qui est permis. Voici la synthèse claire : ce qui est interdit partout et toujours, ce qui dépend de votre département, et les amendes encourues.

4 min de lecture Contenu vérifié — juillet 2026

L’essentiel

  • Brûler ses déchets verts (tontes, tailles, feuilles) est interdit toute l’année, partout — amende de 450 €.
  • Dans les bois et jusqu’à 200 m : interdiction de porter ou d’allumer du feu pour toute personne non propriétaire (fumeurs compris, selon arrêtés).
  • Chaque département exposé a son arrêté « emploi du feu » : périodes rouges, interdictions renforcées les jours à risque.
  • L’écobuage (brûlage pastoral) reste possible dans certains territoires — déclaré, encadré, hors périodes dangereuses.
  • Provoquer un incendie par imprudence est un délit : jusqu’à 1 an de prison et 15 000 € (bien plus si victimes).

Trois étages de règles à connaître

Les interdictions nationales (partout, toujours)

Brûlage des déchets verts des particuliers (Code de l’environnement) ; feu par des non-propriétaires dans et à moins de 200 m des bois et forêts (Code forestier, art. L131-1) ; jet de mégot ou d’objet incandescent.

Les arrêtés préfectoraux (votre département)

Dans les départements exposés, un arrêté « emploi du feu » permanent fixe des périodes (souvent : interdiction renforcée de mi-juin à mi-septembre + jours de vent), les conditions des dérogations et les usages tolérés hors saison. Les jours de danger très élevé, des arrêtés temporaires suspendent tout : feux, travaux, parfois accès aux massifs.

Les règles locales

Règlements municipaux, de campings, de lotissements : souvent plus stricts (barbecues collectifs interdits, zones fumeurs). Le plus restrictif s’applique toujours.

Cas par cas : permis ou interdit ?

SituationVerdictRéférences / conditions
Brûler tontes, feuilles, tailles de haie dans son jardin❌ Interdit toute l’annéeArt. L541-21-1 C. env. — amende 450 € (contravention), responsabilité totale si le feu échappe. Alternatives : déchetterie, broyage, compost.
Feu de camp, réchaud à flamme, barbecue dans ou près d’un bois (– de 200 m)❌ Interdit (non-propriétaires)Art. L131-1 C. forestier. Aires aménagées expressément autorisées : seules exceptions, hors périodes d’interdiction.
Barbecue chez soi, jardin ordinaire✅ Permis avec précautionsSauf arrêté contraire les jours à risque. Surface minérale, 5 m de la végétation, eau à portée — le détail ici.
Brûlage de rémanents agricoles ou forestiers (professionnels)⚠️ DérogatoireDéclaration/autorisation préfectorale ou municipale, hors périodes interdites, conditions strictes (vent, surveillance, moyens d’extinction).
Écobuage / brûlage pastoral (montagne, Pyrénées notamment)⚠️ EncadréDéclaration en mairie, commissions locales, périodes autorisées, chantier surveillé. L’écobuage sauvage est un délit récurrent de début d’année.
Feux d’artifice, lanternes célestes, brasero en terrasse⚠️ Selon arrêtésFeux d’artifice souvent interdits l’été en zone exposée (y compris le 14 juillet dans certaines communes) ; lanternes célestes interdites dans de nombreux départements ; brasero = mêmes règles que barbecue.
Cigarette en forêt⚠️ à ❌Interdite par la plupart des arrêtés en saison à risque ; le jet de mégot est toujours sanctionnable. En pratique : on ne fume pas en forêt l’été.

Pourquoi l’interdiction du brûlage est totale (même en hiver)

Deux raisons cumulées :

  • L’air : brûler 50 kg de végétaux verts émet autant de particules fines que des milliers de kilomètres d’une voiture diesel récente. Les pics de pollution hivernaux des vallées viennent en partie de là.
  • Le feu : une part significative des feux de printemps naît de brûlages « maîtrisés » qui ne le sont plus — une rafale, et le tas de fagots devient un feu de colline. Les pompiers sortent des milliers de fois par an pour des écobuages et brûlages échappés.

Que faire de ses déchets verts, alors ? Broyage-paillage (le plus vertueux), compost, déchetterie — le sujet est traité en détail dans réaliser mon débroussaillement.

Ce que vous risquez

  • Brûlage de déchets verts : 450 € (jusqu’à 750 € devant le tribunal), confiscation possible du matériel, et la facture des secours en cas d’intervention.
  • Feu interdit en zone forestière : contravention de 4e classe (135 € forfaitaires) au minimum, selon les arrêtés.
  • Incendie involontaire provoqué : délit — jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende (art. 322-5 C. pénal), portés à 3 ans/45 000 € en cas de manquement délibéré à une obligation de sécurité, et jusqu’à 10 ans si l’incendie a entraîné la mort. S’y ajoute l’indemnisation civile des victimes — les recours des assureurs se chiffrent en centaines de milliers d’euros.
  • Incendie volontaire : crime/délit lourdement réprimé (jusqu’à 15 ans de réclusion et 150 000 €, davantage avec circonstances aggravantes).
Sur le site de votre préfecture (rubrique forêt / risques / réglementation), ou en cherchant « arrêté emploi du feu + [votre département] ». Notre page réglementation recense les principaux arrêtés par département.
Commencez par l’informer — beaucoup ignorent l’interdiction. S’il persiste : signalement en mairie (pouvoir de police du maire) ou aux gendarmes, surtout en période à risque. En cas de fumées gênantes récurrentes, le trouble anormal de voisinage peut aussi être invoqué au civil.
Le « permis de feu » est une procédure de prévention obligatoire pour les travaux par points chauds en entreprise et sur certains chantiers. Chez un particulier, il n’est pas exigé — mais les précautions équivalentes (zone dégagée, extincteur, surveillance 1 h après) restent la norme de bon sens, et les arrêtés peuvent interdire ces travaux les jours à risque.

Le risque évolue chaque jour. Vos réflexes aussi.

Consultez la vigilance de votre département, suivez les feux en cours et signalez un départ de feu depuis l’application mobile Feux de Forêt.