Prévention

Comprendre

Feux de forêt : comprendre le risque en France

Où brûle la France, à quelle période, pourquoi un feu « explose » certains jours et pas d’autres — et comment lire la Météo des forêts comme un pro. Le socle de connaissances qui rend tous les bons réflexes évidents.

4 min de lecture Contenu vérifié — juillet 2026

L’essentiel

  • Un feu a besoin de trois ingrédients (le « triangle du feu ») : combustible sec, oxygène, source de chaleur — la prévention consiste à retirer l’un des trois.
  • Les journées dangereuses cumulent chaleur, sécheresse et vent — mémo des pompiers : la « règle des 30 » (plus de 30 °C, moins de 30 % d’humidité, vent de plus de 30 km/h).
  • La Météo des forêts (Météo-France) traduit ce danger en 4 couleurs, département par département, pour demain et après-demain.
  • Le risque n’est plus cantonné au Midi : la saison s’allonge et remonte vers le nord et l’ouest.
  • 9 départs sur 10 restent d’origine humaine — le facteur sur lequel chacun peut agir.

Le triangle du feu, ou pourquoi tout part si vite

Un incendie n’est que de la chimie : pour qu’une flamme existe et se propage, il faut du combustible (végétation, d’autant plus inflammable qu’elle est sèche et fine — herbes, aiguilles, broussailles), de l’oxygène (l’air, brassé et apporté par le vent) et une énergie d’allumage (flamme, étincelle, surface chaude, foudre). Retirez un côté du triangle et le feu meurt : c’est exactement ce que font le débroussaillement (moins de combustible), les bons gestes (pas de source d’allumage) et les pompiers (refroidissement, étouffement).

Ce qui transforme un départ en catastrophe, c’est la vitesse de propagation : un feu de végétation poussé par le vent parcourt plusieurs kilomètres par heure, projette des flammèches à des centaines de mètres (les « sautes de feu ») et double de puissance à la montée d’une pente — la végétation au-dessus des flammes est préchauffée, donc prête à s’embraser. D’où les règles de survie détaillées dans nos pages « pendant ».

La « règle des 30 » : reconnaître une journée à haut risque

Les services d’incendie résument les journées explosives par un mémo simple — quand les trois seuils sont franchis, tout départ de feu peut devenir incontrôlable :

+ de 30 °C
de température — la végétation perd son eau, l’air devient un four
− de 30 %
d’humidité relative de l’air — les végétaux fins deviennent des allumettes
+ de 30 km/h
de vent — oxygène, sautes de feu, propagation en cavalcade

Ajoutez la sécheresse de fond (des semaines sans pluie qui dessèchent la végétation en profondeur) et vous avez la recette des journées où mégot, disqueuse et barbecue deviennent criminels — celles que la Météo des forêts colore en orange ou rouge.

Lire la Météo des forêts

Publiée chaque jour en saison par Météo-France (vers 17 h, pour demain et après-demain), la Météo des forêts synthétise température, humidité, vent et sécheresse de la végétation en un niveau de danger par département :

Vert — faible

Danger limité. Les gestes de base restent de mise (un feu d’herbes est toujours possible).

Jaune — modéré

Prudence renforcée : travaux le matin, vigilance sur les mégots et barbecues.

Orange — élevé

On reporte travaux à étincelles et feux de cuisson extérieurs ; massifs potentiellement fermés ; itinéraires de randonnée revus.

Rouge — très élevé

Danger maximal : aucune activité à risque, massifs largement fermés, on reste attentif aux alertes et aux fumées.

La Météo des forêts indique le danger météorologique — pas les feux en cours. Pour ceux-ci, consultez notre carte temps réel, alimentée par les signalements vérifiés. Et pour le détail de votre département aujourd’hui :

Où et quand brûle la France

  • L’arc méditerranéen (Provence, Occitanie littorale, Corse) reste le cœur du risque : végétation adaptée au feu (garrigue, maquis, pins), étés secs, mistral et tramontane. C’est là que se produisent les feux les plus rapides — et l’incendie de l’Aude d’août 2025, le plus vaste depuis 1949.
  • Le massif landais : la plus grande forêt cultivée d’Europe de l’Ouest, historiquement organisée contre le feu (pistes DFCI) — et pourtant frappée en 2022 par les feux majeurs de la Teste-de-Buch et de Landiras.
  • La remontée vers le nord : Bretagne (monts d’Arrée 2022), vallée de la Loire, Jura, et des feux de chaume jusqu’aux portes des villes du Bassin parisien. Moins de surface en moyenne, mais des territoires peu préparés — habitants comme paysages.
  • Le calendrier s’étire : cœur de saison en juillet-août, mais des feux de printemps (végétation morte de l’hiver, avant la pousse) et d’automne (sécheresses prolongées) de plus en plus fréquents. En montagne et dans le nord, ces feux « hors saison » surprennent le plus.

Le moteur de fond est climatique : sécheresses plus longues, canicules plus fréquentes, végétation stressée. Les projections de Météo-France et de l’INRAE convergent : la surface exposée au danger élevé s’étend, et la saison s’allonge. Les données détaillées, année par année, sont sur notre page chiffres clés et l’historique cartographié.

Le facteur humain : le seul sur lequel chacun agit

Sécheresse et vent ne se décrètent pas ; les départs de feu, si : 9 sur 10 sont d’origine humaine, et plus de la moitié relèvent de la simple imprudence. C’est toute la logique de ce hub : les gestes quotidiens suppriment les allumages, le débroussaillement retire le combustible autour des maisons, les réflexes de crise protègent les vies, et l’alerte relie le tout. Un citoyen informé est, littéralement, un pare-feu.

Le risque évolue chaque jour. Vos réflexes aussi.

Consultez la vigilance de votre département, suivez les feux en cours et signalez un départ de feu depuis l’application mobile Feux de Forêt.