Prévention

Comprendre — Données

Feux de forêt en France : les chiffres clés

Combien d’hectares brûlent chaque année ? Qui allume les feux ? Que s’est-il vraiment passé en 2025 ? Les données de référence, sourcées et remises en perspective — pour comprendre au-delà des images de flammes.

3 min de lecture Contenu vérifié — juillet 2026

L’essentiel

  • En moyenne récente, la France métropolitaine connaît plusieurs milliers de départs de feu par an, brûlant de 10 000 à plus de 70 000 ha selon les années.
  • 2022 reste l’année record du siècle (~72 000 ha, EFFIS) ; 2025 s’est distinguée par l’incendie de l’Aude, le plus vaste feu unique depuis 1949 (~16 000 ha parcourus).
  • ≈ 9 départs sur 10 sont d’origine humaine — plus de la moitié par imprudence.
  • 96 % des feux sont éteints avant 10 ha : l’alerte précoce et l’attaque rapide font le résultat.
  • La saison s’allonge et le risque s’étend vers le nord — tendance confirmée par Météo-France.

Le panorama en 6 chiffres

~ 4 000
départs de feu de forêt en année ordinaire (jusqu’à 15 000 avec les feux d’espaces naturels les grandes années)
96 %
des feux éteints avant d’atteindre 10 hectares — la détection précoce est décisive
9 / 10
départs d’origine humaine (imprudences, accidents, malveillance) — source BDIFF
72 000 ha
brûlés en 2022, l’année record du siècle en métropole (données EFFIS)
~16 000 ha
parcourus par le seul incendie de l’Aude en août 2025 — le plus vaste depuis 1949
+ 80 %
de surfaces exposées à un danger élevé projetées d’ici 2050 (travaux Météo-France/INRAE, scénarios médians)

La saison 2025 : l’année du feu de l’Aude

L’été 2025 a marqué une rupture par la violence d’un événement unique : le 5 août 2025, un feu parti de la commune de Ribaute (Aude) a parcouru en quelques heures le massif des Corbières, poussé par un vent soutenu sur une végétation desséchée par des mois de déficit de pluie. Bilan de ce seul incendie : environ 16 000 hectares parcourus — le plus vaste incendie en France depuis 1949 —, une victime décédée, plusieurs blessés, et 36 maisons détruites, des milliers de personnes évacuées, des vignobles entiers calcinés.

À l’échelle nationale, la saison a cumulé environ 35 000 hectares brûlés (forêts et végétation, données EFFIS), soit plusieurs fois la moyenne des années 2010, avec une pression continue sur l’arc méditerranéen — l’Aude ayant compté à elle seule des dizaines de départs dont plusieurs feux de plus de 100 ha. Notre couverture de l’événement : le récit du feu de l’Aude, et la carte historique pour explorer tous les incendies passés près de chez vous.

Des années en dents de scie — mais une tendance nette

AnnéeSurfaces brûlées (ordre de grandeur, métropole)Fait marquant
2019≈ 15 000 haAnnée « ordinaire » de la décennie 2010
2021≈ 30 000 haFeu de Gonfaron (Var) : 7 000 ha, 2 morts
2022≈ 72 000 haRecord du siècle : Landiras et la Teste-de-Buch (Gironde, ~30 000 ha à elles deux), feux jusqu’en Bretagne et dans le Jura
2023≈ 15 000 haAccalmie relative — et déploiement de la Météo des forêts
2024≈ 10 000 haAnnée humide sur une large moitié nord
2025≈ 35 000 haIncendie de l’Aude (Ribaute) : le plus vaste feu unique depuis 1949

La variabilité interannuelle est normale (elle suit la météo de l’été) ; la tendance de fond l’est moins : allongement de la saison à risque, remontée du danger vers le nord et l’ouest, épisodes extrêmes plus probables. C’est le consensus des travaux de Météo-France, de l’INRAE et du GIEC à l’échelle méditerranéenne — détaillé dans comprendre le risque.

Qui allume les feux ?

  • Imprudences et accidents du quotidien (majoritaires) : travaux agricoles et de particuliers, mégots, barbecues, véhicules, lignes électriques et dépôts.
  • Malveillance : une part réelle (autour d’un quart à un tiers des causes identifiées selon les années) — lourdement réprimée (jusqu’à 15 ans de réclusion).
  • Foudre : minoritaire (quelques pourcents), plutôt en montagne, avec des feux parfois difficiles d’accès.

Moralité statistique : la prévention individuelle n’est pas un supplément d’âme — c’est le principal levier de réduction du nombre de feux. Les gestes quotidiens et la discipline du débroussaillement pèsent plus lourd que n’importe quel avion.

Et en face : le dispositif de lutte

Environ 250 000 sapeurs-pompiers (dont 80 % de volontaires), des colonnes de renfort mobilisables dans tout le pays, une flotte nationale d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau, les unités militaires de la Sécurité civile, et une coopération européenne (rescEU) qui fait circuler les moyens entre pays. Le détail complet — Canadair, Dash, hélicoptères lourds, pélicandromes — est dans notre espace moyens de lutte.

Le risque évolue chaque jour. Vos réflexes aussi.

Consultez la vigilance de votre département, suivez les feux en cours et signalez un départ de feu depuis l’application mobile Feux de Forêt.