Hélicoptère de secours · Sécurité civile française
Dragon EC145 / H145 : l’hélicoptère de la Sécurité civile
Indicatif Dragon suivi du numéro de département. Secours en montagne, sauvetage en mer, évacuations médicales, appui aux feux de forêt : portrait de l’appareil le plus polyvalent — et le plus connu — de la flotte française.
C’est la machine jaune et rouge que tout le monde a déjà vue passer dans le ciel. Le Dragon — EC145 hier, H145 aujourd’hui — est l’hélicoptère emblématique de la Sécurité civile. Sa mission première n’est pas la lutte contre le feu mais le secours aux personnes : chaque année, plus de 15 000 vies dépendent de ces appareils. Sur les incendies, le Dragon joue un autre rôle, plus discret mais essentiel — celui d’œil, de relais et de transporteur.
Près de 70 ans d’hélicoptères au service du secours
L’histoire des Dragon commence en 1957, avec la création du groupement hélicoptères de la Sécurité civile. Dès l’année suivante, les premières Alouette II entrent en service pour le secours. Puis viennent les Alouette III, les Dauphin, et en 1988 les Écureuil AS350B1, spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt.
Le tournant moderne arrive en 2002 avec l’EC145, hélicoptère doté d’un glass cockpit, d’une grande capacité d’emport et d’un treuil puissant. Il devient le visage du Dragon pendant deux décennies. Depuis 2021, son successeur, le H145, prend progressivement le relais — une transition appelée à se poursuivre jusqu’en 2029.
Création du groupement hélicoptères de la Sécurité civile.
Les premières Alouette II entrent en service pour les missions de secours.
Arrivée des Écureuil AS350B1, spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt.
Mise en service de l’EC145, qui modernise en profondeur la flotte des Dragon.
Livraison des premiers H145 nouvelle génération, dans le cadre du plan de relance aéronautique.
Commande de 36 H145 supplémentaires pour remplacer les EC145, en complément des H145 D3 déjà commandés.
Objectif : une flotte d’environ 40 hélicoptères H145, entièrement renouvelée.
Anatomie d’un hélicoptère de secours polyvalent
Une ambulance de réanimation volante
La cabine du Dragon est aménagée comme une unité de soins intensifs : moniteur cardiaque, ventilateur, pousse-seringue, kit d’intubation… De quoi prendre en charge un patient grave dès le treuillage, et le maintenir en vie jusqu’à l’hôpital.
Un treuil pour les milieux périlleux
Le treuil est l’outil signature du Dragon. Il permet de hisser une victime depuis une paroi rocheuse, un canyon, le pont d’un navire ou un toit inaccessible — là où aucun véhicule terrestre ne peut intervenir.
Une avionique de pointe
Le H145 dispose d’une avionique modernisée, de capteurs renforcés et d’une excellente performance en altitude — un atout décisif en haute montagne et dans les zones urbaines difficiles.
Un réservoir de largage… sur certaines versions
Les H145 les plus récents peuvent emporter un réservoir d’environ 800 litres pour participer directement à la lutte contre le feu. Cette capacité dépend toutefois de la version de l’appareil et de son équipement : tous les Dragon ne larguent pas, loin de là.
Le secours aux personnes : le cœur de métier du Dragon
Avant d’être un acteur de la lutte contre les feux, le Dragon est d’abord un hélicoptère de sauvetage. C’est sa raison d’être.
Recherche de personnes disparues, sauvetage en montagne, secours en mer, évacuation médicale d’urgence : les Dragon mènent ces missions toute l’année, depuis 22 bases réparties sur le territoire. Les pilotes, souvent d’anciens de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), sont parmi les plus expérimentés du pays — ils interviennent en milieu « hostile », entre les parois d’un canyon sous le vent, ou à flanc de falaise.
La réactivité est leur marque de fabrique : un équipage de Dragon est généralement prêt à décoller en moins de 30 minutes, souvent bien moins. Au total, ces appareils secourent ou assistent plus de 15 000 personnes chaque année.
Sur les feux de forêt : l’œil, le relais et le transporteur
Sur un incendie, le Dragon ne joue pas le même rôle que les Canadair ou les hélicoptères bombardiers d’eau loués. Sa contribution est plus discrète, mais structurante. Elle se décline en plusieurs missions :
Guider les avions bombardiers d’eau
En vol stationnaire, le Dragon peut prendre de l’altitude pour observer l’ensemble du sinistre et guider les largages, en appui du commandement. Une vue d’ensemble précieuse, complémentaire de celle du Beechcraft coordinateur.
Transporter les personnels d’intervention
Le Dragon achemine rapidement des équipes de sapeurs-pompiers et leur matériel vers des zones difficiles d’accès, là où la route serait trop longue ou impraticable.
Faire de la reconnaissance aérienne
Les Dragon effectuent aussi des vols de reconnaissance : survol d’une zone à risque, évaluation de l’ampleur d’un feu, repérage des accès et des points sensibles, observation lors d’épisodes météorologiques exceptionnels. Cette mission de renseignement aérien aide le commandement à anticiper et à décider.
Et parfois, larguer
Les H145 de dernière génération peuvent, selon leur version et leur équipement, emporter un réservoir d’environ 800 litres et participer directement à l’extinction des feux naissants. Mais cela reste une capacité d’appoint : le Dragon demeure avant tout un hélicoptère de secours.
Caractéristiques techniques détaillées
| Constructeur | Airbus Helicopters |
|---|---|
| Modèles | EC145 (depuis 2002) et H145 nouvelle génération (depuis 2021) |
| Type | Hélicoptère bimoteur de secours et de servitude |
| Statut en France | Propriété de l’État, opéré par la Sécurité civile |
| Flotte actuelle | ≈ 37 appareils (objectif ≈ 40 H145 d’ici 2029) |
| Bases | 22 en métropole et outre-mer |
| Capacité d’emport | Jusqu’à 8 personnes |
| Treuil de secours | Capacité ≈ 270 kg |
| Cabine | Équipée en ambulance de réanimation |
| Capacité de largage | Réservoir ≈ 800 L sur certaines versions récentes du H145 |
| Délai de décollage | Moins de 30 minutes (souvent bien moins) |
| Coût (H145) | ≈ 13 millions d’euros l’unité |
| Indicatif radio | Dragon + numéro de département |
La flotte française aujourd’hui : 37 Dragon en pleine mue
La Sécurité civile exploite environ 37 hélicoptères Dragon, répartis sur 22 bases couvrant la métropole et l’outre-mer. La flotte est aujourd’hui à un tournant : historiquement composée d’EC145, elle est en cours de renouvellement complet au profit des H145 nouvelle génération.
Le calendrier est ambitieux. Après les premiers H145 livrés à partir de 2021 dans le cadre du plan de relance aéronautique, une commande de 36 appareils supplémentaires a été passée fin 2023, en complément des H145 D3 déjà commandés. Les livraisons s’échelonnent jusqu’en 2029, pour aboutir à une flotte d’environ 40 hélicoptères modernes — un investissement global de l’ordre de 450 millions d’euros.
Derrière les machines, il y a les hommes : la Sécurité civile compte plus d’une centaine de pilotes et autant de mécaniciens opérateurs de bord. Et une discipline de fer côté maintenance — toutes les 800 heures de vol, chaque appareil rejoint le centre de Nîmes pour une révision complète.
Trois choses à savoir sur les Dragon
Un habitué du défilé
Les Dragon font régulièrement partie du défilé aérien du 14 juillet. En 2025, c’est un H145 nouvelle génération qui a survolé les Champs-Élysées, symbole de la modernisation en cours de la flotte.
Trois interventions, une journée
Un même Dragon peut, dans la même journée, secourir un randonneur en paroi, un parapentiste blessé et un plaisancier en mer. Cette polyvalence est inscrite dans l’ADN de l’appareil.
Des équipages d’élite
Voler entre les parois d’un canyon sous le mistral, treuiller de nuit en montagne : le métier est dangereux. Plusieurs équipages de Dragon ont perdu la vie en mission, rappel du courage que ces interventions exigent.
Dragon ou Super Puma ? Le polyvalent face au spécialiste
Les deux sont des hélicoptères, mais leurs logiques diffèrent : le Dragon appartient à l’État et fait tout, le Super Puma est loué et spécialisé dans le largage lourd.
Dragon EC145 / H145
- Propriété de l’État, ≈ 37 appareils
- Mission première : le secours aux personnes
- Sur les feux : guidage, transport, reconnaissance
- Largage possible (≈ 800 L) sur certaines versions
- Indispensable pour : sauver des vies toute l’année
Super Puma
- Loué en renfort estival, ≈ 6 appareils
- Mission première : le largage lourd
- Capacité : jusqu’à 4 000 L par largage
- Capable de larguer de nuit
- Indispensable pour : frapper fort sur un feu installé
Le Dragon en images
Et demain ? La flotte tout-H145 à l’horizon 2029
Contrairement aux Canadair, dont le renouvellement patine, la modernisation des Dragon est largement engagée. D’ici 2029, la totalité de la flotte aura basculé vers le H145 : meilleure performance en altitude, avionique de pointe, capteurs renforcés, et pour les versions équipées, une capacité de largage d’appoint.
Début 2026, une commande conjointe de 42 nouveaux H145 a même été annoncée pour la Sécurité civile et la Gendarmerie, avec un système de mission embarqué favorisant l’interopérabilité entre services.
Au-delà du matériel, l’enjeu est doctrinal. Face au réchauffement climatique, à l’extension géographique du risque incendie et à la multiplication des intempéries, le Dragon devient un outil encore plus central : un appareil capable, le même jour, de sauver un alpiniste, d’évacuer un blessé, de guider un Canadair et de reconnaître un front de flammes. La polyvalence n’est plus un confort — c’est une nécessité.
Questions fréquentes sur le Dragon
Que signifie l’indicatif « Dragon » ?
« Dragon » est l’indicatif radio de tous les hélicoptères de la Sécurité civile française. Il est suivi du numéro du département de rattachement de l’appareil : Dragon 06 pour les Alpes-Maritimes, Dragon 30 pour le Gard, Dragon 67 pour le Bas-Rhin, etc.
Quelle est la mission principale du Dragon ?
Avant tout le secours aux personnes : recherche, sauvetage et évacuation en milieux périlleux (montagne, mer, canyons), ainsi que les évacuations médicales. L’appareil est équipé comme une véritable ambulance de réanimation volante.
Le Dragon largue-t-il de l’eau sur les feux ?
C’est avant tout un hélicoptère de secours, pas un bombardier d’eau. Sur les feux, son rôle est surtout de guider les avions, de transporter les personnels et de faire de la reconnaissance. Les H145 de nouvelle génération peuvent toutefois emporter un réservoir d’environ 800 litres, mais cette capacité dépend de la version de l’appareil et de son équipement.
Combien de Dragon la Sécurité civile possède-t-elle ?
Environ 37 appareils, répartis sur 22 bases en métropole et outre-mer. La flotte, historiquement composée d’EC145, est en cours de renouvellement avec des H145 nouvelle génération, pour atteindre une quarantaine d’appareils d’ici 2029.
Quelle différence entre l’EC145 et le H145 ?
Le H145 est le successeur direct de l’EC145, entré en service à partir de 2021. Il offre une meilleure performance en altitude, une avionique modernisée, des capteurs renforcés et une fiabilité mécanique accrue, particulièrement utiles en haute montagne et en zone urbaine difficile.
Le Dragon fait-il de la reconnaissance aérienne ?
Oui. Au-delà du secours et de l’appui aux feux, le Dragon effectue régulièrement des vols de reconnaissance : survol d’une zone sinistrée, évaluation d’un risque, repérage avant une opération de sauvetage ou observation lors d’épisodes météorologiques exceptionnels.
Témoin d’un départ de feu ?
Chaque minute compte. Signalez-le en quelques secondes sur la plateforme communautaire feuxdeforet.fr.