Prévention

Moyen terrestre · Services d’incendie et de secours

Sapeurs-pompiers (SDIS) : l’épine dorsale du secours

Près de 256 000 sapeurs-pompiers, 4,75 millions d’interventions par an, une sortie toutes les 6,6 secondes. Derrière chaque feu de forêt maîtrisé, il y a d’abord eux : les équipages au sol, lance en main, au plus près des flammes.

≈ 256 000
Sapeurs-pompiers
99
Services d’incendie et de secours
4,75 M
Interventions par an
78 %
Sont des volontaires

On admire les Canadair, on filme les hélicoptères. Mais aucun feu ne s’éteint sans eux. Les sapeurs-pompiers sont l’épine dorsale humaine de la lutte contre les incendies : ce sont eux qui attaquent les flammes à la lance, traitent les lisières, surveillent les reprises et tiennent le terrain pendant des jours. Avec un modèle unique au monde, reposant à près de 80 % sur le volontariat.

Un modèle de secours unique au monde

Le système français de secours repose sur une singularité que beaucoup de pays nous envient : le volontariat de masse. Près de huit sapeurs-pompiers sur dix ne sont pas des professionnels — ce sont des femmes et des hommes qui exercent un autre métier et qui, en parallèle, s’engagent pour porter secours à leurs concitoyens.

Sapeurs-pompiers volontaires lors d'une manœuvre de formation
Près de 8 sapeurs-pompiers sur 10 sont des volontaires : un modèle qui repose sur l’engagement citoyen.

Cette force humaine est immense. Au total, la France compte environ 256 000 sapeurs-pompiers, qui réalisent près de 4,75 millions d’interventions par an — soit une sortie toutes les 6,6 secondes. Mais ce modèle, salué pour sa performance, est aussi décrit comme « sous pression extrême » : la sollicitation augmente plus vite que les effectifs, et le système tient, disent les syndicats, « par la conscience professionnelle ».

Sur les feux de forêt, cette réalité prend tout son sens : quand un incendie se déclare, ce sont ces femmes et ces hommes — souvent volontaires — qui montent les premiers au contact des flammes.

Les quatre visages des sapeurs-pompiers

Derrière l’uniforme se cachent des statuts très différents, complémentaires les uns des autres.

≈ 78 % des effectifs

Volontaires (SPV)

Ils exercent un autre métier et s’engagent en parallèle contre une indemnité. Plus de 200 000 en France : c’est le socle du modèle français, sans lequel le système s’effondrerait.

≈ 44 000

Professionnels (SPP)

Fonctionnaires territoriaux dont le métier est d’être sapeur-pompier. Ils arment notamment les casernes des zones les plus denses et les plus sollicitées.

≈ 13 000

Militaires (SPM)

La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris et le Bataillon de marins-pompiers de Marseille : des unités militaires qui assurent le secours dans ces deux métropoles.

≈ 27 000

Jeunes sapeurs-pompiers (JSP)

De 11 à 18 ans, ils découvrent le métier, ses valeurs et ses techniques. C’est la pépinière qui assure la relève des volontaires de demain.

Comment s’organisent les secours en France

Derrière chaque intervention, il y a une organisation rodée, structurée à l’échelle du département.

Centre opérationnel d'un SDIS, le CTA-CODIS
Le CTA-CODIS : le cerveau opérationnel qui reçoit les appels et engage les moyens.

Le SDIS : l’échelon départemental

Chaque département dispose d’un Service Départemental d’Incendie et de Secours. C’est lui qui emploie les sapeurs-pompiers, gère les véhicules, et coordonne la couverture du territoire. La France en compte 99.

Le CTA-CODIS : le cerveau

Quand vous appelez le 18 ou le 112, vous joignez le CTA-CODIS : le centre qui traite l’alerte et engage les moyens. C’est lui qui décide quels véhicules partent, et qui suit l’intervention en temps réel.

Les centres d’incendie et de secours

Le territoire est maillé de centres d’incendie et de secours (CIS), les casernes. C’est ce maillage de proximité qui permet d’arriver vite, partout — l’opposé d’une force concentrée.

La solidarité nationale

Quand un département est dépassé, les autres viennent l’aider. Les colonnes de renfort permettent à des sapeurs-pompiers de toute la France de converger vers une zone sinistrée.

Le quotidien : bien plus que le feu

Contrairement à l’image d’Épinal, les sapeurs-pompiers passent l’essentiel de leur temps loin des flammes.

Sur les 4,75 millions d’interventions annuelles, le secours à la personne représente près de 87 % de l’activité : malaises, accidents, détresses vitales. Les incendies — tous types confondus, dont les feux de forêt — ne pèsent qu’environ 9 % des sorties. Le secours routier et les opérations diverses se partagent le reste.

Mais ces 9 % d’incendies sont parmi les interventions les plus exigeantes : elles mobilisent beaucoup d’hommes, beaucoup de matériel, et s’étalent parfois sur plusieurs jours. Une intervention de secours à victime mobilise en moyenne trois sapeurs-pompiers pendant moins d’une heure et demie ; un grand feu de forêt, lui, peut immobiliser des centaines d’agents pendant une semaine.

Sur les feux de forêt : tenir le terrain, ensemble

Colonne de renfort de sapeurs-pompiers engagée sur un feu de forêt
Sur un grand feu, des colonnes de renfort venues de toute la France convergent vers la zone sinistrée.

Face à un feu de forêt, les sapeurs-pompiers s’organisent en structures tactiques. Les camions-citernes feux de forêt se regroupent en GIFF — Groupes d’Intervention Feux de Forêt — qui progressent en colonnes coordonnées. Pour les départs rapides, certains SDIS déploient des modules légers feux tactiques, conçus pour frapper vite sur un feu naissant.

Mais la vraie force du système, c’est la solidarité nationale. Lorsqu’un département est submergé, des colonnes de renfort venues d’autres départements affluent. Lors du feu de l’Aude de l’été 2025 — surnommé « l’ogre des Corbières », plus de 17 000 hectares parcourus — ce sont plus de 2 100 sapeurs-pompiers venus de 80 % des départements de France qui ont été mobilisés.

Ce dispositif terrestre se synchronise en permanence avec les moyens aériens et, lorsque l’ampleur l’exige, avec les renforts militaires des ForMiSC. Le ciel ralentit le feu ; le sol l’éteint vraiment. Et le sol, ce sont eux.

Les sapeurs-pompiers de France en chiffres

Effectif total≈ 256 000 sapeurs-pompiers
Sapeurs-pompiers volontairesPlus de 200 000 (≈ 78 % des effectifs)
Sapeurs-pompiers professionnels≈ 44 000
Sapeurs-pompiers militaires≈ 13 000 (Brigade de Paris et Bataillon de Marseille)
Jeunes sapeurs-pompiersPlus de 27 000
Personnels administratifs et techniques≈ 11 800
Services d’incendie et de secours99 (SDIS et SIS)
Interventions annuelles≈ 4,75 millions (une toutes les 6,6 secondes)
Part du secours à la personne≈ 87 % des interventions
Part des incendies≈ 9 % des interventions
Numéros d’urgence18 (pompiers) et 112 (urgences en Europe)

Trois choses à savoir sur les sapeurs-pompiers

Été 2025

« L’ogre des Corbières »

Le feu de l’Aude, plus de 17 000 hectares, a mobilisé plus de 2 100 sapeurs-pompiers venus de 80 % des départements français. Une démonstration grandeur nature de la solidarité nationale.

Le 18

20 millions d’appels par an

Les centres d’appel des SDIS reçoivent près de 20 millions d’appels par an au 18 ou au 112 — preuve, disent les pompiers, d’une confiance absolue, mais aussi d’un service souvent sollicité au-delà de sa mission.

Engagement

Dès 11 ans

On peut découvrir le métier dès 11 ans en rejoignant une section de jeunes sapeurs-pompiers, et s’engager comme volontaire dès 16 ans avec autorisation parentale. La vocation se cultive tôt.

Sapeurs-pompiers ou ForMiSC ? Le territorial et le national

Les deux combattent les feux côte à côte, mais leur logique d’emploi diffère : les uns assurent le maillage du quotidien, les autres constituent une réserve nationale militaire.

Sapeurs-pompiers (SDIS)

  • Civils, organisés par département
  • ≈ 256 000 femmes et hommes
  • Couverture territoriale permanente
  • Premiers sur tous les secours du quotidien
  • Logique : le maillage de proximité
VS

ForMiSC (moyen national militaire)

  • Militaires de l’armée de Terre
  • ≈ 1 500 sapeurs-sauveteurs, 4 implantations
  • Renfort national, sans secteur attribué
  • Projetables en France et à l’étranger
  • Logique : la réponse massive et rapide aux crises

Les sapeurs-pompiers en images

Et demain ? Un modèle sous tension face au feu qui s’étend

Sapeurs-pompiers équipés des nouvelles tenues feux de forêt
Nouvelles tenues, nouveaux équipements : la modernisation accompagne une sollicitation toujours plus forte.

L’avenir des sapeurs-pompiers se joue sur une équation difficile. D’un côté, la sollicitation explose : le nombre d’interventions et d’appels augmente chaque année. De l’autre, les effectifs et les moyens restent quasi stables.

L’enjeu central est celui du volontariat. Quand 78 % du modèle repose sur des bénévoles, fidéliser et recruter de nouveaux volontaires devient une question de sécurité nationale — et fait l’objet de propositions de loi régulières.

Sur le front des feux de forêt, le défi est géographique. Le risque incendie remonte vers le nord et l’ouest de la France, dans des départements historiquement peu équipés et peu formés à ce type d’intervention. Adapter les matériels, généraliser les tenues de protection, étendre la formation feux de forêt à tout le territoire : autant de chantiers que la multiplication des grands feux rend urgents. Une certitude demeure : quelles que soient les évolutions, ce sont toujours des femmes et des hommes qui, lance en main, feront reculer les flammes.

Questions fréquentes sur les sapeurs-pompiers

Que signifie SDIS ?

SDIS signifie Service Départemental d’Incendie et de Secours. C’est l’établissement public qui organise les sapeurs-pompiers à l’échelle d’un département. On parle aussi de SIS, Service d’Incendie et de Secours. La France en compte 99.

Combien y a-t-il de sapeurs-pompiers en France ?

Environ 256 000 sapeurs-pompiers, dont près de 8 sur 10 sont des volontaires. S’y ajoutent les sapeurs-pompiers professionnels, les sapeurs-pompiers militaires de Paris et de Marseille, et plus de 27 000 jeunes sapeurs-pompiers en formation.

Quelle différence entre sapeur-pompier volontaire et professionnel ?

Le sapeur-pompier volontaire (SPV) exerce un autre métier et s’engage en parallèle, contre une indemnité. Le sapeur-pompier professionnel (SPP) est un fonctionnaire territorial dont c’est le métier. Les deux suivent les mêmes formations opérationnelles et interviennent côte à côte.

Qu’est-ce qu’une colonne de renfort feux de forêt ?

C’est un détachement de sapeurs-pompiers et de véhicules envoyé par un département pour aider un autre département confronté à un grand feu. Lors des incendies majeurs, des colonnes venues de toute la France convergent vers la zone sinistrée.

Les sapeurs-pompiers ne font-ils que combattre les incendies ?

Non, loin de là. Le secours à la personne représente près de 87 % de leur activité. Les incendies, dont les feux de forêt, ne constituent qu’environ 9 % des interventions — mais ce sont parmi les plus exigeantes en moyens et en durée.

Comment devient-on sapeur-pompier ?

On peut s’engager comme sapeur-pompier volontaire auprès de son SDIS, dès 16 ans avec autorisation parentale, ou devenir sapeur-pompier professionnel par concours. Les jeunes de 11 à 18 ans peuvent rejoindre une section de jeunes sapeurs-pompiers pour découvrir le métier.

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