Hélicoptère · Sécurité civile
Dragon EC145 / H145 : l’hélicoptère à tout faire de la Sécurité civile
Indicatif Dragon suivi du numéro de département : la machine jaune et rouge que tout le monde a déjà vue passer. Secours en montagne, sauvetage en mer, évacuations médicales — 15 935 interventions en 2024 — et, sur les feux, un rôle d’œil, de relais et de transporteur. Portrait du plus polyvalent des appareils français.
L’essentiel
- 37 hélicoptères Dragon (EC145 et H145) répartis sur 23 bases en métropole et outre-mer.
- 15 935 interventions en 2024 : la mission première est le secours aux personnes, pas la lutte contre le feu.
- Sur les incendies : guidage des largages, transport des équipes, reconnaissance aérienne — et largage d’appoint pour certains H145.
- Les nouveaux H145 peuvent emporter un réservoir de 800 à 1 000 litres d’eau, selon version et équipement.
- Renouvellement engagé : une flotte d’environ 40 H145 d’ici 2029, commandes de 2021, 2023 et 2026 à l’appui.
Près de 70 ans d’hélicoptères au service du secours
L’histoire des Dragon commence en 1957, avec la création du groupement hélicoptères de la Sécurité civile. Dès l’année suivante, les premières Alouette II entrent en service pour le secours. Viennent ensuite les Alouette III, les Dauphin, puis en 1988 les Écureuil AS350B1, spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt.
Le tournant moderne arrive en 2002 avec l’EC145 : glass cockpit, grande capacité d’emport, treuil puissant — il devient le visage du Dragon pendant deux décennies. Depuis 2021, son successeur le H145 prend progressivement le relais, une transition appelée à s’achever en 2029.
Création du groupement hélicoptères de la Sécurité civile.
Les premières Alouette II entrent en service pour les missions de secours.
Arrivée des Écureuil AS350B1, spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt.
Mise en service de l’EC145, qui modernise en profondeur la flotte des Dragon.
Livraison des premiers H145 nouvelle génération, dans le cadre du plan de relance aéronautique.
Commande de 36 H145 supplémentaires pour remplacer les EC145, en complément des H145 D3 déjà commandés.
Commande conjointe de 42 nouveaux H145 annoncée pour la Sécurité civile et la Gendarmerie, avec un système de mission favorisant l’interopérabilité.
Objectif : une flotte d’environ 40 hélicoptères H145, entièrement renouvelée.
Anatomie d’un hélicoptère de secours polyvalent
Une ambulance de réanimation volante
La cabine du Dragon est aménagée comme une unité de soins intensifs : moniteur cardiaque, ventilateur, pousse-seringue, kit d’intubation… De quoi prendre en charge un patient grave dès le treuillage et le maintenir en vie jusqu’à l’hôpital.
Un treuil pour les milieux périlleux
Le treuil — environ 270 kg de capacité — est l’outil signature du Dragon. Il hisse une victime depuis une paroi rocheuse, un canyon, le pont d’un navire ou un toit inaccessible, là où aucun véhicule terrestre ne peut intervenir.
Une avionique de pointe
Le H145 dispose d’une avionique modernisée, de capteurs renforcés et d’une excellente performance en altitude — un atout décisif en haute montagne comme dans les zones urbaines difficiles.
Un réservoir de largage… sur certaines versions
Les H145 les plus récents peuvent emporter un réservoir de 800 à 1 000 litres pour participer directement à l’extinction des feux naissants. Cette capacité dépend toutefois de la version de l’appareil et de son équipement : tous les Dragon ne larguent pas, loin de là.
Le secours aux personnes : le cœur de métier
Avant d’être un acteur de la lutte contre les feux, le Dragon est d’abord un hélicoptère de sauvetage — c’est sa raison d’être. Recherche de personnes disparues, secours en montagne et en mer, évacuations médicales d’urgence : les Dragon mènent ces missions toute l’année, depuis 23 bases réparties sur le territoire, métropole et outre-mer. En 2024, ils ont totalisé 15 935 interventions.
Les pilotes, souvent issus de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), comptent parmi les plus expérimentés du pays : ils opèrent en milieu « hostile », entre les parois d’un canyon sous le vent ou à flanc de falaise, parfois de nuit. La réactivité est leur marque de fabrique : un équipage de Dragon est généralement prêt à décoller en moins de 30 minutes, souvent bien moins. Ce métier exigeant a son revers : plusieurs équipages ont perdu la vie en mission, rappel du courage que ces interventions demandent.
Sur les feux de forêt : l’œil, le relais et le transporteur
Sur un incendie, le Dragon ne joue pas le même rôle que les Canadair ou les hélicoptères bombardiers d’eau loués. Sa contribution est plus discrète, mais structurante :
- Guider les avions bombardiers d’eau : en prenant de l’altitude, le Dragon observe l’ensemble du sinistre et aide à orienter les largages, en complément du Beechcraft King Air coordinateur.
- Transporter les personnels : il achemine rapidement des équipes de sapeurs-pompiers et leur matériel vers des zones difficiles d’accès, là où la route serait trop longue ou impraticable.
- Faire de la reconnaissance aérienne : survol d’une zone à risque, évaluation de l’ampleur d’un feu, repérage des accès et des points sensibles — un renseignement précieux pour le commandement.
- Et parfois, larguer : les H145 équipés d’un réservoir de 800 à 1 000 litres peuvent attaquer directement les feux naissants, en capacité d’appoint.
Caractéristiques techniques détaillées
| Constructeur | Airbus Helicopters |
|---|---|
| Modèles | EC145 (depuis 2002) et H145 nouvelle génération (depuis 2021) |
| Type | Hélicoptère bimoteur de secours et de servitude |
| Statut en France | Propriété de l’État, opéré par la Sécurité civile |
| Flotte actuelle | 37 appareils (objectif ≈ 40 H145 d’ici 2029) |
| Bases | 23 en métropole et outre-mer |
| Activité | 15 935 interventions en 2024 |
| Capacité d’emport | Jusqu’à 8 personnes |
| Treuil de secours | Capacité ≈ 270 kg |
| Cabine | Équipée en ambulance de réanimation |
| Capacité de largage | Réservoir de 800 à 1 000 L sur certaines versions récentes du H145 |
| Délai de décollage | Moins de 30 minutes (souvent bien moins) |
| Coût (H145) | ≈ 13 millions d’euros l’unité |
| Indicatif radio | Dragon + numéro de département |
La flotte 2026 : 37 Dragon en pleine mue
Contrairement aux Canadair, dont le renouvellement patine, la modernisation des Dragon est largement engagée. Après les premiers H145 livrés à partir de 2021 dans le cadre du plan de relance aéronautique, une commande de 36 appareils supplémentaires a été passée fin 2023, complétée début 2026 par une commande conjointe de 42 H145 pour la Sécurité civile et la Gendarmerie. Les livraisons s’échelonnent jusqu’en 2029, pour une flotte cible d’environ 40 hélicoptères modernes — un investissement global de l’ordre de 450 millions d’euros.
Derrière les machines, il y a les hommes : la Sécurité civile compte plus d’une centaine de pilotes et autant de mécaniciens opérateurs de bord. Et une discipline de fer côté maintenance — toutes les 800 heures de vol, chaque appareil rejoint le centre de Nîmes pour une révision complète. Petit motif de fierté récurrent : les Dragon participent régulièrement au défilé aérien du 14 Juillet — en 2025, c’est un H145 nouvelle génération qui a survolé les Champs-Élysées, symbole de la mue en cours.
Dragon ou Super Puma ? Le polyvalent face au spécialiste
Les deux sont des hélicoptères, mais leurs logiques diffèrent : le Dragon appartient à l’État et fait tout, le Super Puma est loué et spécialisé dans le largage lourd.
Dragon EC145 / H145
- Propriété de l’État, 37 appareils
- Mission première : le secours aux personnes
- Sur les feux : guidage, transport, reconnaissance
- Largage possible (800 à 1 000 L) sur certaines versions
- Indispensable pour : sauver des vies toute l’année
Super Puma
- Loué en renfort estival, ≈ 6 appareils
- Mission première : le largage lourd
- Capacité : jusqu’à 4 000 L par largage
- Capable de larguer de nuit
- Indispensable pour : frapper fort sur un feu installé
Questions fréquentes sur le Dragon
Ces moyens, suivez-les en direct.
Avions et hélicoptères en vol, feux en cours, vigilance du jour : les cartes temps réel de Feux de Forêt relient chaque fiche de cet espace à la réalité du terrain. Et si vous êtes témoin d’un départ de feu, appelez le 112 avant tout.
