La nuit de samedi à dimanche a été marquée par une reprise violente des incendies en Gironde, entraînant l’évacuation de 55 000 nouvelles personnes et portant la surface brûlée à 42 000 hectares. Les flammes, désormais « aux portes de la commune » de Cestas, à seulement 17 kilomètres de Bordeaux, menacent directement l’agglomération bordelaise.
Selon Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, la situation « demeure très défavorable ». Le feu, redevenu « extrêmement virulent » en début de nuit, a généré son propre vent et progressé de manière erratique avant de se calmer en fin de nuit. Les autorités ont annoncé que l’autoroute A63, entre Bordeaux et l’Espagne, était fermée sur 60 kilomètres, tandis que le trafic ferroviaire était interrompu au sud de Bordeaux jusqu’à nouvel ordre. Pour les trois prochains jours, les conditions météorologiques s’annoncent très défavorables pour les secours. La journée de mardi sera particulièrement difficile, avec des températures qui pourraient atteindre 38 à 39 °C sur le secteur. Des rafales de vent comprises entre 30/35 km/h sont également attendues. Le vent devrait progressivement basculer en flux de Nord au fil des prochains jours, compliquant une nouvelle fois considérablement le travail des sapeurs-pompiers.
Mobilisation massive des secours
Face à cette crise, les moyens déployés sont sans précédent : 2 500 pompiers, dont un groupe suisse, 1 500 militaires et près de 1 200 policiers et gendarmes sont mobilisés, appuyés par 18 moyens aériens. Laurent Nuñez a confirmé que l’avion bombardier d’eau A400M serait « à nouveau engagé » pour soutenir les opérations d’extinction.
Les évacuations se poursuivent, avec 220 000 personnes déplacées depuis le début du sinistre. Les communes de Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas ont été évacuées dans la nuit, en raison de la progression des flammes vers des zones habitées. La préfecture de la Gironde coordonne les opérations, tandis que les habitants sont invités à consulter régulièrement les cartes de vigilance pour suivre l’évolution de la situation.
Un bilan écologique lourd
Outre les dégâts humains et matériels, les incendies ont un impact dévastateur sur la faune locale. Des milliers d’animaux domestiques et sauvages ont péri dans les flammes, et les spécialistes s’inquiètent des conséquences durables sur leur habitat naturel. Les forêts réduites en cendres privent les espèces survivantes de nourriture et d’eau, compromettant leur survie à long terme. Aucun bilan précis n’a encore été établi, mais les experts redoutent un lourd tribut pour la biodiversité.
Les habitants sont appelés à la vigilance et à signaler tout départ de feu via la plateforme dédiée. Pour suivre l’évolution des feux en temps réel, consultez la carte des feux en cours.

