En France, la Sécurité Civile place l’anticipation au centre de sa stratégie contre les feux de forêt et de végétation. Les services de secours utilisent une assistance météorologique spécifique. Cette aide opérationnelle se distingue de la Météo des forêts destinée au grand public.
Météo-France produit des indices toute l’année dans le cadre d’une convention avec la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises.
Les services concernés consultent ces informations sur un extranet sécurisé. Météo-France transmet aussi des synthèses hebdomadaires au Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises, le COGIC.
Trois indices météo guident les pompiers face aux feux
Le premier indicateur porte le nom de NSV2. Il mesure le niveau de sécheresse de la végétation vivante, notamment dans la strate arbustive. Cette végétation joue un rôle important dans la propagation d’un incendie.
Un niveau élevé signale donc une végétation plus vulnérable au passage du feu. Les services complètent toujours cet indice avec les caractéristiques locales, comme le type de végétation ou son état sanitaire.
Le deuxième indicateur, appelé IEPx, analyse les conditions favorables au départ et à la propagation d’un feu. Il concerne les herbes sèches, les sous-bois, les cultures, mais aussi les végétaux morts ou en dormance pendant l’hiver.
En été, cet indice aide le commandant des opérations de secours à anticiper les sautes de feu. Ces projections de végétaux enflammés peuvent créer de nouveaux foyers à distance.
Le troisième outil correspond à l’indice de danger intégré. Météo-France le calcule en croisant l’Indice Forêt Météo, ou IFMx, avec le NSV2.
Cet indicateur estime le danger lié à la végétation vivante du printemps à l’automne. Il réduit le niveau proposé par l’IFMx quand la sécheresse reste faible. Il l’augmente légèrement quand la végétation atteint un niveau de sécheresse très élevé.
Météo-France calcule l’IEPx et l’indice de danger au moment le plus défavorable de la journée. Les calculs prennent aussi en compte les rafales de vent. Une carte indique l’heure à laquelle chaque indice atteint son maximum. Les prévisionnistes suivent également les paramètres météorologiques au fil de la journée.
Comment les pompiers adaptent leurs moyens avant un incendie ?
Les états-majors de zone et les services départementaux (SDIS) utilisent ces indices pour dimensionner leur dispositif. Ils peuvent renforcer la surveillance, prépositionner des véhicules dans un massif ou demander des moyens supplémentaires, comme des colonnes préventives.
Lorsque les indicateurs signalent un fort danger de départ et de propagation, les responsables réduisent les délais d’engagement. Ils augmentent aussi la capacité de réponse.
Pendant la saison estivale, Météo-France mobilise des prévisionnistes spécialement formés auprès des centres de coordination. Les zones Sud, Sud-Ouest et Ouest reçoivent notamment des cartes expertisées et des prévisions spécifiques.
Lorsqu’un incendie démarre, les prévisionnistes peuvent aussi produire un bulletin local. Ce document rassemble les données météorologiques utiles aux opérations.
L'ONF complète l’assistance météo des pompiers
L’Office national des forêts complète cette expertise. Ses agents mesurent la teneur réelle en eau de plusieurs espèces végétales sur un réseau de placettes.
L’ONF publie aussi des cartes de sensibilité de la végétation vivante. Il croise le niveau de sécheresse avec le type de végétation présent dans chaque secteur.
Les cartes météorologiques ne suffisent toutefois pas à déterminer seules le risque d’incendie. Les responsables prennent aussi en compte la fréquentation du secteur, les activités agricoles ou forestières, les accès, les ressources en eau et les moyens déjà engagés.
Cette analyse globale poursuit trois objectifs. Elle vise à éviter les départs de feu, à maîtriser rapidement les premiers foyers et à limiter les développements catastrophiques.

