Le débroussaillement est une mesure clé pour limiter la propagation des feux de forêt et protéger les habitations situées à proximité des zones boisées. Depuis le 1er janvier 2025, la réglementation a évolué, renforçant les obligations pour les propriétaires, locataires et vendeurs de biens immobiliers. Voici ce qu’il faut savoir sur les règles en vigueur, les périmètres concernés et les sanctions encourues en cas de non-respect.
Qui est concerné par l’obligation légale de débroussaillement ?
L’obligation de débroussailler s’applique aux terrains situés à moins de 200 mètres des massifs forestiers, landes, maquis ou garrigues classés à risque d’incendie. Elle vise à créer une zone de sécurité autour des constructions, réduisant ainsi l’intensité des feux et leur vitesse de propagation. Les conditions précises sont définies par arrêté préfectoral, adapté aux spécificités locales de chaque département.
Le débroussaillement consiste à éliminer les matières végétales inflammables (herbes, branchages, feuilles) et à entretenir les zones déjà traitées. Il peut inclure des opérations comme l’élagage des arbres, la coupe des arbustes ou l’évacuation des résidus de coupe. Ces travaux sont recommandés en automne et en hiver, tandis que l’entretien courant peut être réalisé au printemps.
Périmètre et modalités de débroussaillement
L’obligation s’étend sur une profondeur minimale de 50 mètres autour des habitations et autres installations. Elle ne se limite pas aux limites de la parcelle : si nécessaire, les travaux peuvent concerner des terrains voisins. Dans ce cas, le propriétaire doit informer ses voisins par courrier recommandé, en précisant la nature des travaux. Si ces derniers refusent l’accès ou ne répondent pas sous un mois, la responsabilité du débroussaillement leur incombe, et le maire doit en être informé.
Le long des voies d’accès (routes, sentiers, chemins privatifs), le débroussaillement doit être réalisé sur une largeur de 10 mètres de part et d’autre. En zone urbaine couverte par un plan local d’urbanisme (PLU), l’obligation s’applique à l’intégralité de la parcelle. Des règles spécifiques existent également pour les terrains proches d’infrastructures linéaires (réseaux électriques, voies ferrées) ou situés dans des zones d’aménagement concerté (ZAC), lotissements ou campings.
Responsabilités et sanctions en cas de non-respect
Le maire est chargé de contrôler le respect des obligations de débroussaillement, avec la possibilité de déléguer cette mission à des agents assermentés, comme ceux de l’Office national des forêts (ONF). En cas de manquement, les sanctions peuvent être lourdes :
- Amendes pénales allant jusqu’à 50 € par mètre carré non débroussaillé, avec un minimum de 1 500 € ;
- Mise en demeure par le maire, accompagnée d’une astreinte pouvant atteindre 100 € par jour de retard ;
- Exécution d’office des travaux aux frais du propriétaire ;
- Majoration de la franchise d’assurance, jusqu’à 5 000 €.
En cas de carence du maire, le préfet peut se substituer à lui pour faire appliquer la réglementation.
Location, vente et délégation des travaux
Depuis le 1er janvier 2025, les vendeurs et bailleurs doivent informer les acheteurs ou locataires de l’obligation légale de débroussaillement dès l’annonce immobilière, via l’état des risques. Un locataire peut effectuer les travaux si cela est précisé dans son contrat, mais cela n’exonère pas le propriétaire de sa responsabilité pénale.
Il est possible de déléguer le débroussaillement à un professionnel, avec la possibilité de bénéficier d’un crédit d’impôt sous certaines conditions. Pour faciliter les démarches, un modèle de lettre est disponible pour les propriétaires devant intervenir sur un terrain voisin.
Pour connaître les règles spécifiques à votre département, consultez l’arrêté préfectoral en vigueur ou rendez-vous sur la carte de vigilance feux de forêt.

